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Référentiel des mentions obligatoires des documents de formation

Un dossier de session se juge document par document, mention par mention. Cette base indique ce qui est attendu sur chacun et ce que produit une absence.

Mis à jour le 9 septembre 2026Lecture 12 minPublic organismes de formation
L’essentiel en 5 points
  • Le programme doit préciser objectifs, moyens pédagogiques et modalités de suivi et d’appréciation des résultats.
  • La convention et le contrat n’obéissent pas au même régime : le second est nettement plus protecteur.
  • La feuille d’émargement vaut par sa granularité : elle doit permettre de rattacher une présence à une demi-journée précise.
  • Le certificat de réalisation atteste d’un fait daté ; il ne se confond pas avec une attestation de compétences.
  • La facture relève du code de commerce et du code général des impôts, pas du code du travail.

La plupart des non-conformités relevées sur un dossier de session ne portent pas sur le fond de la prestation mais sur une mention manquante. Une convention sans objectifs, une feuille d’émargement sans intitulé de session, une facture sans conditions de règlement : chaque omission se constate en quelques secondes et se corrige difficilement après coup.

Le problème vient rarement d’une méconnaissance des textes. Il vient de documents produits séparément, par des personnes différentes, à des moments différents, sans que personne ne vérifie leur cohérence d’ensemble. Un référentiel par document permet de transformer cette vérification en contrôle rapide, réalisable avant l’envoi.

Les ordres de grandeur circulent beaucoup dans le secteur, souvent sans source. Cette page prend le parti inverse : chaque ligne renvoie à un texte ou à une publication identifiable.

Le tableau ci-dessous rassemble les valeurs de référence ; les sections suivantes expliquent comment les utiliser sans erreur.

Base de données filtrable

Document par document, la mention attendue

Filtrez par type de document ou cherchez une mention. Chaque ligne indique le fondement et ce que produit son absence.

30 résultats sur 30 — cliquez sur un en-tête pour trier.

DocumentMention attendueFondement à vérifierSi elle manque
ProgrammeObjectifs de l’action, exprimés de manière vérifiable.Art. L.6353-1 du code du travailNon-conformité
ProgrammeMoyens pédagogiques et techniques mis en œuvre.Art. L.6353-1 du code du travailNon-conformité
ProgrammeModalités de suivi de l’exécution et d’appréciation des résultats.Art. L.6353-1 du code du travailNon-conformité
ProgrammePrérequis, public visé et durée de l’action.Art. L.6353-1 du code du travail ; arrêté du 6 juin 2019Réserve en audit
ProgrammeModalités d’accueil des personnes en situation de handicap.Art. L.5213-6 et L.6112-3 du code du travailRéserve en audit
ConventionIdentification des parties : organisme, client, numéro de déclaration.Art. L.6353-2 et L.6352-12 du code du travailNon-conformité
ConventionIntitulé, nature, durée et effectif de l’action.Art. L.6353-1 et L.6353-2 du code du travailNon-conformité
ConventionPrix et modalités de règlement de la prestation.Art. L.6353-2 du code du travail ; art. L.441-1 du code de commerceNon-conformité
ConventionProgramme annexé ou expressément visé.Art. L.6353-1 du code du travailNon-conformité
ConventionConditions d’inexécution, de report et d’annulation.Art. L.6354-1 du code du travail ; art. L.441-1 du code de commerceLitige probable
Contrat avec un particulierMention du délai de rétractation de dix jours.Art. L.6353-5 du code du travailNullité encourue
Contrat avec un particulierEncadrement du versement de sommes avant l’expiration du délai.Art. L.6353-6 du code du travailNullité encourue
Contrat avec un particulierNature, durée, effectif, moyens pédagogiques et sanction de la formation.Art. L.6353-4 du code du travailNon-conformité
Contrat avec un particulierPrix et modalités de règlement échelonné le cas échéant.Art. L.6353-4 du code du travailNon-conformité
Contrat avec un particulierInformation préalable délivrée avant l’inscription définitive.Art. L.6353-8 du code du travailNon-conformité
ÉmargementIntitulé de la session, date et lieu de la séquence concernée.Art. L.6362-5 du code du travailPreuve fragilisée
ÉmargementSignature par demi-journée, du participant et du formateur.Art. L.6362-5 du code du travail ; publication de l’administrationPreuve fragilisée
ÉmargementIdentité complète et lisible de chaque participant.Art. L.6362-5 du code du travailRéserve en contrôle
ÉmargementTraces d’activité équivalentes lorsque la séquence est à distance.Art. L.6353-1 du code du travail ; publication de l’administrationPreuve fragilisée
Certificat de réalisationIdentité du bénéficiaire et intitulé de l’action suivie.Art. L.6353-9 du code du travailNon-conformité
Certificat de réalisationDates de réalisation et volume horaire effectivement suivi.Art. L.6353-9 du code du travailNon-conformité
Certificat de réalisationNature de l’action au regard du champ de la formation.Art. L.6313-1 et L.6353-9 du code du travailRéserve du financeur
Attestation de fin de formationRésultats de l’évaluation des acquis, lorsqu’elle est délivrée.Art. L.6353-1 du code du travailRéserve en audit
FactureIdentification du vendeur et du client, date et numéro unique.Art. L.441-9 du code de commerce ; art. 242 nonies A ann. II au CGISanction possible
FactureDésignation et décompte de la prestation réalisée.Art. L.441-9 du code de commerceSanction possible
FactureDate de règlement, conditions d’escompte et taux des pénalités de retard.Art. L.441-9 et L.441-10 du code de commerceSanction possible
FactureMention du régime de TVA applicable ou de l’exonération invoquée.Art. 261-4-4° a et 293 B du code général des impôtsRedressement possible
Règlement intérieurRègles d’hygiène et de sécurité applicables dans l’organisme.Art. L.6352-3 à L.6352-5 du code du travailNon-conformité
Règlement intérieurGaranties de procédure applicables en matière disciplinaire.Art. R.6352-3 à R.6352-8 du code du travailSanction annulable
Documents commerciauxNuméro de déclaration d’activité et mention qu’il ne vaut pas agrément.Art. L.6352-12 du code du travailNon-conformité
Liste indicative constituée à partir de textes publics. Elle ne se substitue pas à la lecture des articles cités ni aux exigences propres à un financeur, qui peut réclamer des mentions supplémentaires sur les pièces qu’il finance.

Comment ce résultat est obtenu

Une donnée de référence mal interprétée est plus dangereuse qu’une donnée absente. Voici les clés de lecture du tableau.

La table est construite par document, et non par texte, parce que c’est ainsi que la vérification se fait en pratique : on relit une convention avant de l’envoyer, pas un article de code. Chaque ligne indique une mention, le texte qui la fonde et la conséquence probable de son absence, ce qui permet de hiérarchiser les corrections quand le temps manque.

La colonne des conséquences distingue plusieurs degrés. Une non-conformité se corrige mais laisse une trace dans un rapport d’audit. Une preuve fragilisée peut entraîner le remboursement de sommes perçues si la réalité de l’action ne peut être établie. Une nullité encourue concerne les contrats conclus avec un particulier, dont le régime protecteur est d’ordre public.

Les mentions issues du code de commerce et du code général des impôts figurent dans la même table que celles du code du travail, volontairement. Les organismes traitent souvent la facturation comme un sujet purement comptable alors qu’elle est examinée lors des contrôles portant sur l’emploi des fonds de la formation.

Ce que le calcul ne dit pas

  • Un financeur peut exiger des mentions supplémentaires sur les pièces qu’il finance : son cahier des charges prime dans son périmètre.
  • La table ne couvre pas les mentions propres à l’apprentissage ni aux contrats en alternance, régis par des dispositions particulières.
  • Certaines formulations attendues varient selon la nature de l’action : vérifiez la rédaction sur un cas réel avant de généraliser un modèle.

Le programme est la pièce dont tout le reste dépend

De tous les documents d’un dossier, le programme est celui qui produit le plus d’effets en cascade. Il est visé par la convention, résumé sur le certificat, contrôlé en audit et opposé à l’organisme en cas de litige sur le contenu délivré.

Le code du travail lui assigne trois contenus précis : les objectifs de l’action, les moyens pédagogiques et techniques mis en œuvre, et les modalités de suivi de l’exécution ainsi que d’appréciation des résultats. Ces trois éléments sont rarement absents, mais ils sont fréquemment rédigés de façon si générale qu’ils ne renseignent sur rien.

Le test est simple : un tiers doit pouvoir dire, à la lecture, ce que le participant sera capable de faire, avec quels moyens il aura été formé, et comment son acquisition sera vérifiée. Un objectif rédigé comme « sensibiliser aux enjeux » échoue à ce test, car il ne décrit aucun résultat observable.

Le contrôle de cohérence oublié

Le programme annexé à la convention doit être celui qui a été exécuté. Les organismes qui font évoluer leurs contenus en cours d’année annexent souvent une version antérieure, ce qui crée une contradiction visible entre le dossier et la réalité de la session.

La feuille d’émargement se juge sur sa granularité

La feuille d’émargement est la pièce la plus regardée lors d’un contrôle sur la réalité des actions, parce qu’elle est la seule qui rattache une personne à un moment précis.

Sa faiblesse la plus courante n’est pas l’absence de signature mais l’insuffisance du découpage. Une feuille signée une fois pour une session de trois jours ne prouve rien sur les deuxième et troisième journées. La granularité attendue est la demi-journée, et elle doit être matérialisée par des cases distinctes, datées et signées séparément.

Le second point faible tient à l’identification. Une signature seule ne vaut que si le nom du signataire figure en clair sur la même ligne, avec l’intitulé de la session, sa date et son lieu. Une feuille anonyme ou détachée de son contexte perd sa valeur probante dès qu’elle est produite plusieurs mois après.

  • Une case par demi-journée, datée, pour chaque participant et pour le formateur.
  • L’intitulé de la session, la date et le lieu portés sur chaque feuille, pas seulement sur la première.
  • Les noms en clair à côté des signatures, pour permettre l’identification à distance.
  • Pour les séquences à distance, des traces d’activité équivalentes, cohérentes avec les horaires annoncés.

Certificat de réalisation et attestation de compétences ne disent pas la même chose

Ces deux documents sont fréquemment confondus, y compris par des organismes expérimentés, alors qu’ils répondent à des questions différentes et engagent différemment.

Le certificat de réalisation atteste d’un fait : telle personne a suivi telle action, à telles dates, pour tel volume horaire. Il est prévu par le code du travail et constitue la pièce que les financeurs réclament pour justifier le service fait. Il ne dit rien du niveau atteint.

L’attestation de fin de formation, lorsqu’elle est délivrée, porte sur les acquis : elle restitue les résultats de l’évaluation prévue au programme. Elle engage donc l’organisme sur une appréciation, ce qui suppose que l’évaluation ait réellement eu lieu et qu’elle soit documentée.

Délivrer une attestation d’acquis sans évaluation correspondante est une faiblesse sérieuse. Elle se détecte facilement puisqu’il suffit de demander les copies, les grilles ou les traces de l’évaluation annoncée au programme.

DocumentCe qu’il attesteCe qu’il n’atteste pas
Certificat de réalisationLa réalité et le volume de l’action suivieLe niveau atteint par le participant
Attestation de fin de formationLes résultats de l’évaluation des acquisLa délivrance d’une certification professionnelle
Certification professionnelleLa maîtrise évaluée selon un référentielLe suivi assidu de la formation préparatoire

Trois documents distincts, souvent confondus dans les échanges commerciaux.

La règle pratique consiste à n’employer le mot « attestation » que lorsqu’une évaluation existe et qu’elle est documentée. Dans tous les autres cas, le certificat de réalisation suffit et présente l’avantage d’être exactement ce que le financeur attend.

Mettre vos documents en conformité, mention par mention

La séquence ci-dessous suppose que vous partez de zéro. Si une étape est déjà couverte chez vous, passez à la suivante — l’ordre n’est contraignant que sur les deux premières.

  1. Listez les documents réellement produitsPartez de vos modèles existants, pas de la liste théorique : c’est l’écart qui pose problème.
  2. Confrontez chaque modèle à la tableUne mention par ligne, cochée ou non, sans se satisfaire d’une formulation approchante.
  3. Corrigez d’abord les mentions à effet lourdNullité, preuve fragilisée et sanction financière passent avant les réserves d’audit.
  4. Vérifiez la cohérence entre documentsIntitulé, dates, volume horaire et prix doivent être identiques d’une pièce à l’autre.
  5. Distinguez les modèles selon le payeurConvention et contrat avec un particulier ne peuvent pas partager le même gabarit.
  6. Instaurez une relecture avant envoiUne liste de contrôle courte, appliquée systématiquement, vaut mieux qu’un audit interne annuel.
  7. Réexaminez les modèles chaque annéeLes mentions évoluent, et les modèles vieillissent sans que personne ne s’en aperçoive.

Les erreurs qui coûtent le plus cher

Ce sont les points sur lesquels un contrôle s’arrête en premier. Les traiter en amont vous évite d’avoir à reconstituer des preuves après coup.

  • Rédiger des objectifs non vérifiables — Un objectif qui ne décrit aucun résultat observable ne permet ni l’évaluation annoncée ni la défense en cas de litige.
  • Faire signer une seule fois pour plusieurs jours — La feuille ne prouve alors que la première journée, et le reste de la session devient indémontrable.
  • Utiliser une convention pour un particulier — Le régime protecteur du contrat de formation est d’ordre public : son contournement expose à la nullité.
  • Délivrer une attestation d’acquis sans évaluation — Il suffit de demander les traces de l’évaluation annoncée pour que la faiblesse apparaisse.
  • Annexer une version obsolète du programme — La contradiction entre le dossier et la session réellement conduite est immédiatement visible.

Textes et références

Ces textes fixent le cadre. Ils ne se lisent pas isolément : les renvois entre code du travail et textes d’application changent régulièrement le détail des obligations.

  • Article L.6353-1 du code du travail — programme précisant les objectifs, les moyens pédagogiques et techniques et les modalités de suivi et d’appréciation des résultats.
  • Articles L.6353-3 à L.6353-7 du code du travail — contrat conclu avec une personne physique qui finance elle-même sa formation, et délai de rétractation.
  • Article L.6353-9 du code du travail — certificat de réalisation remis à l’issue de l’action de formation.
  • Article L.441-9 du code de commerce — mentions obligatoires de la facture entre professionnels et conditions de règlement.

Des documents dont les mentions ne dépendent plus de la vigilance

Les mentions manquantes viennent presque toujours de documents rédigés à la main. Loop les génère depuis les données de la session.

Modèles à jourLes mentions attendues sont portées par le gabarit, appliquées à chaque édition.
Cohérence garantieIntitulé, dates, durée et prix identiques de la convention au certificat.
Émargement par demi-journéeLe découpage suit le déroulé réel de la session, sur papier comme en ligne.
Régime adapté au payeurConvention ou contrat de formation selon qui finance, sans arbitrage manuel.

Questions fréquentes

Un programme doit-il figurer en annexe de la convention ?

C’est la pratique la plus sûre. Le code du travail impose que le programme précise les objectifs, les moyens et les modalités de suivi et d’appréciation des résultats, et la convention doit permettre d’identifier précisément la prestation vendue. Annexer le programme, ou le viser expressément avec sa référence et sa version, évite toute discussion ultérieure sur ce qui avait été convenu.

La signature électronique est-elle admise sur une feuille d’émargement ?

Les procédés électroniques sont largement employés, à condition que le dispositif permette d’identifier le signataire et de garantir l’intégrité du document. La difficulté n’est donc pas le support mais la traçabilité : un émargement électronique doit conserver l’horodatage, l’identification du participant et le rattachement à une séquence datée, exactement comme une feuille papier.

Que doit contenir un certificat de réalisation ?

L’identité du bénéficiaire, l’intitulé de l’action, ses dates de réalisation et le volume horaire effectivement suivi, ainsi que la nature de l’action au regard du champ de la formation. Il atteste d’un fait, non d’un niveau atteint. C’est la pièce que les financeurs réclament pour justifier le service fait, et son absence bloque fréquemment le paiement d’une prestation pourtant réalisée.

Faut-il porter le numéro de déclaration sur tous les documents ?

Le code du travail impose de le faire figurer sur les documents relatifs à l’activité de formation, accompagné de la mention selon laquelle cet enregistrement ne vaut pas agrément de l’État. En pratique, il est plus simple de l’intégrer au pied de page de tous les modèles, plutôt que de trancher au cas par cas quel document relève ou non de cette obligation.

Un financeur peut-il exiger des mentions supplémentaires ?

Oui, et c’est fréquent. Un financeur définit les pièces et les mentions qu’il attend pour instruire un dossier et payer une prestation. Ces exigences s’ajoutent au socle légal sans le remplacer. La bonne pratique consiste à construire un modèle couvrant le socle, puis à ajouter les mentions propres à chaque financeur plutôt qu’à créer des modèles entièrement distincts, difficiles à maintenir.

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