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Référentiel des durées de conservation des documents d’un organisme de formation

Conserver trop longtemps expose autant que conserver trop peu. Cette base distingue les durées fondées sur un texte de celles qui relèvent d’un choix motivé.

Mis à jour le 9 septembre 2026Lecture 12 minPublic organismes de formation
L’essentiel en 5 points
  • Les documents comptables et leurs pièces justificatives se conservent dix ans en application du code de commerce.
  • Les pièces qui établissent la réalité d’une action financée doivent survivre à la période pendant laquelle un contrôle reste possible.
  • Une durée de conservation des données personnelles doit être définie, écrite et respectée, y compris à la baisse.
  • Les données de santé relèvent d’un régime particulier et ne doivent être conservées que si elles sont indispensables.
  • Conserver sans durée annoncée est une non-conformité en soi, indépendamment du contenu conservé.

La question de la conservation est traitée par la plupart des organismes selon un principe unique : tout garder, indéfiniment, par précaution. Cette solution paraît prudente et ne l’est pas, puisqu’elle contredit les engagements de durée pris auprès des personnes dont les données sont traitées, et rend impossible toute retrouvabilité rapide en cas de contrôle.

La position inverse, purger largement pour alléger, expose au risque symétrique : ne plus pouvoir établir la réalité d’une action financée plusieurs années auparavant. La bonne réponse consiste à distinguer les pièces selon ce qu’elles prouvent, et à attribuer à chacune une durée motivée, écrite et appliquée.

Le risque, avec ce type de données, n’est pas de ne pas les trouver : c’est d’utiliser une version périmée. Les valeurs sont donc datées et la source de chacune est indiquée.

La base ci-dessous est filtrable et triable. Le texte qui suit précise les sources, la fréquence de mise à jour et les pièges d’interprétation.

Base de données filtrable

Durée retenue par type de pièce, et son fondement

Filtrez par nature du fondement pour distinguer ce qui est imposé de ce qui relève d’un choix motivé. Chaque ligne cite sa source.

28 résultats sur 28 — cliquez sur un en-tête pour trier.

PièceDurée retenueMotif de la duréeSource à vérifier
Livres et registres comptables10 ansDurée fixée par le code de commerce à compter de la clôture.Art. L.123-22 du code de commerce
Pièces justificatives comptables10 ansJustificatifs des écritures, indissociables des livres.Art. L.123-22 du code de commerce
Factures émises et reçues10 ansPièces comptables au sens du code de commerce.Art. L.123-22 et L.441-9 du code de commerce
Comptes annuels10 ansDocuments comptables soumis à la même obligation de conservation.Art. L.123-12 et L.123-22 du code de commerce
Convention de formationDurée du contrôle possibleÉtablit l’existence de l’engagement contrôlé a posteriori.Art. L.6362-1 et L.6362-5 du code du travail
Contrat conclu avec un particulierDurée du contrôle possibleProuve le respect du régime protecteur applicable.Art. L.6353-3 à L.6353-7 du code du travail
Programme de la session exécutéeDurée du contrôle possiblePièce visée par la convention, opposable sur le contenu délivré.Art. L.6353-1 du code du travail
Feuilles d’émargementDurée du contrôle possiblePreuve principale de la réalité de l’exécution.Art. L.6362-5 du code du travail
Traces d’activité des séquences à distanceDurée du contrôle possibleÉquivalent de l’émargement pour les modalités distancielles.Art. L.6362-5 du code du travail ; publication de l’administration
Certificats de réalisation émisDurée du contrôle possibleAtteste l’achèvement et le volume suivi.Art. L.6353-9 du code du travail
Notifications de prise en chargeDurée du contrôle possibleRattache la facturation à une décision de financement identifiée.Art. L.6362-1 du code du travail
Bilans pédagogiques et financiers transmisDurée du contrôle possibleDéclaration annuelle opposable, à rapprocher de la comptabilité.Art. L.6352-11 et R.6352-22 du code du travail
Pièces de sous-traitance pédagogiqueDurée du contrôle possibleÉtablit qui a réalisé l’action facturée.Art. L.6362-5 du code du travail
Règlement intérieur et ses versionsTant qu’une version est opposablePermet d’établir la règle applicable à une date donnée.Art. L.6352-3 à L.6352-5 du code du travail
Dossiers des formateurs intervenusDurée de la relation, puis usageDémontre la qualification des intervenants sur les sessions passées.Arrêté du 6 juin 2019 — exigence relative aux compétences des intervenants
Preuves de veille et ses effetsCycle de certificationDoit couvrir la période examinée en audit.Arrêté du 6 juin 2019 — exigence relative à la veille
Rapports d’audit et plans d’actionCycle de certificationÉtablit le traitement des écarts d’un audit au suivant.Décret n° 2019-564
Registre des réclamations et suitesCycle de certificationDémontre le traitement effectif sur la période auditée.Arrêté du 6 juin 2019 — exigence relative au traitement des réclamations
Évaluations de satisfactionPériode des indicateurs publiésJustifie les taux diffusés au public.Arrêté du 6 juin 2019 — exigence relative à la diffusion des résultats
Copies et grilles d’évaluation des acquisSelon exigence du certificateurJustifie les résultats attestés au participant.Publication de l’administration ; règles du certificateur
Coordonnées des participantsDurée écrite dans votre politiqueConservation limitée à la finalité déclarée aux personnes.Règlement (UE) 2016/679
Prospects et contacts commerciauxDurée écrite dans votre politiqueDurée cohérente avec le cycle commercial annoncé.Règlement (UE) 2016/679
Données relatives à la santé ou au handicapLe strict nécessaireCatégorie particulière soumise à un régime renforcé.Règlement (UE) 2016/679, art. 9
Enregistrements de classes virtuellesDurée écrite dans votre politiqueConservation limitée et information préalable des participants.Règlement (UE) 2016/679
Registre des traitementsTant que les traitements existentDocument vivant, mis à jour à chaque évolution.Règlement (UE) 2016/679
Consentements et informations délivréesDurée du traitement concernéPermet de démontrer l’information donnée aux personnes.Règlement (UE) 2016/679
Devis non transformésDurée d’usage commercialSans valeur probante particulière une fois périmés.Publication de l’administration — usage professionnel
Relances et suivi des impayésJusqu’au dénouement du litigeÉtablit les diligences accomplies avant procédure.Art. L.441-10 et L.441-11 du code de commerce
Durées indicatives. Seules celles rattachées au code de commerce résultent d’un texte fixant expressément un nombre d’années ; les autres relèvent d’un choix motivé qu’il vous appartient d’écrire, de justifier et d’appliquer de manière homogène.

Comment ce résultat est obtenu

Avant d’utiliser une de ces valeurs dans un devis ou un dossier, vérifiez les trois points de contrôle décrits ici.

La table distingue quatre natures de durée. Une durée fixée par un texte ne se discute pas. Une durée alignée sur la période de contrôle est un choix prudent : les pièces qui établissent la réalité d’une action financée doivent rester disponibles aussi longtemps qu’un contrôle peut porter sur elle. Une durée issue de votre politique de données doit être écrite, communiquée et tenue. Une durée d’usage relève de l’organisation interne.

Cette distinction a une conséquence pratique importante : les deux premières natures justifient de conserver, les deux dernières justifient de supprimer. Un organisme qui ne fait pas cette distinction conserve tout par défaut, ce qui le met en contradiction avec les durées qu’il annonce lui-même dans ses mentions d’information.

La durée retenue doit être appliquée à un type de pièce, pas à un dossier entier. Un dossier de session contient des pièces comptables à conserver dix ans et des données personnelles à purger plus tôt. Un archivage par dossier rend cette distinction impossible, ce qui explique la difficulté rencontrée par les organismes qui classent uniquement par client.

Ce que le calcul ne dit pas

  • Les durées non fondées sur un texte sont des choix : elles doivent être justifiées et peuvent être discutées.
  • Un financeur ou un certificateur peut exiger une conservation plus longue sur son périmètre.
  • Les durées de conservation en matière sociale et fiscale ne sont pas traitées ici : elles relèvent d’autres régimes.

Conserver trop longtemps est aussi une non-conformité

L’idée selon laquelle la conservation prolongée serait sans risque est une erreur répandue. Elle repose sur une lecture partielle des obligations : le droit impose des durées minimales pour certaines pièces, et une limitation pour les données personnelles.

Lorsque vous informez un participant que ses données seront conservées pendant une durée déterminée, cette annonce vous engage. Les conserver au-delà contredit votre propre information, ce qui constitue un manquement facile à établir puisqu’il suffit de comparer vos mentions d’information et le contenu réel de votre base.

Le risque est accru pour les données relatives à la santé ou au handicap, qui relèvent d’une catégorie particulière soumise à un régime renforcé. Un organisme collecte souvent ces informations pour organiser un aménagement, puis les conserve indéfiniment dans le dossier du participant sans que cette conservation reste justifiée.

Le test à faire une fois

Ouvrez vos mentions d’information et relevez les durées que vous y annoncez. Comparez-les au contenu réel de vos dossiers les plus anciens. L’écart constaté est exactement ce qu’un contrôle relèverait.

Classer par ce que la pièce prouve, pas par client

L’organisation documentaire la plus répandue consiste à classer par client, puis par session. Elle est intuitive et rend la purge impraticable, puisqu’un même dossier contient des pièces relevant de durées différentes.

Un classement par nature de pièce résout le problème. Les pièces comptables vivent ensemble, avec leur durée de dix ans. Les pièces d’exécution pédagogique vivent ensemble, avec la durée alignée sur la période de contrôle. Les données personnelles non nécessaires à ces deux fonctions relèvent d’une durée plus courte et se purgent sans toucher au reste.

Ce classement présente un second avantage, décisif lors d’un contrôle. La demande porte presque toujours sur un type de preuve — les émargements de telle période, les factures de tel financeur — et non sur un client. Un classement par nature répond directement à la question posée.

  • Attribuez une durée écrite à chaque type de pièce, pas à chaque dossier.
  • Séparez les pièces comptables des pièces pédagogiques dès l’archivage.
  • Isolez les données sensibles dans un espace à durée courte et accès restreint.
  • Programmez une purge annuelle et conservez la trace de son exécution.

Ce qui doit survivre à un changement d’outil

Les obligations de conservation résistent mal aux migrations. Un changement de plateforme, un tableur abandonné ou une messagerie fermée emportent régulièrement des pièces dont l’organisme aura besoin plusieurs années plus tard.

Le point critique concerne les preuves nées dans un outil : émargements électroniques, traces de connexion, échanges avec un financeur conservés en messagerie. Ces éléments n’existent souvent nulle part ailleurs et disparaissent avec le service qui les hébergeait.

La règle à poser est simple : toute pièce dont la durée de conservation excède la durée prévisible d’un contrat logiciel doit pouvoir être exportée dans un format lisible sans l’outil qui l’a produite. Cette exigence se vérifie avant de choisir un outil, pas au moment de le quitter.

Pièce née dans un outilRisque à la migrationPrécaution
Émargement électroniquePerte de l’horodatage et de l’identificationExport périodique en document figé
Traces de connexion à distanceJournaux effacés à la clôture du compteExtraction à la clôture de chaque session
Échanges avec un financeurMessagerie supprimée avec le collaborateurRattachement au dossier de session
Évaluations en ligneHistorique non exportableVérification du format d’export avant souscription

Les preuves les plus fragiles sont celles qui n’existent que dans un outil.

Construire une politique de conservation tenable

Rien d’insurmontable ici, mais l’ordre compte. Voici la séquence à suivre pour ne pas devoir tout reprendre à mi-parcours.

  1. Inventoriez les types de pièces produitsUne ligne par type, pas par dossier : c’est le type qui porte la durée.
  2. Qualifiez la nature de chaque duréeTexte, période de contrôle, politique de données ou usage : les quatre ne se justifient pas de la même façon.
  3. Écrivez la politique de conservationUn document court, daté, qui indique la durée et son motif pour chaque type de pièce.
  4. Vérifiez la cohérence avec vos mentions d’informationCe que vous annoncez aux personnes doit correspondre à ce que vous faites réellement.
  5. Réorganisez l’archivage par nature de pièceC’est la condition pour pouvoir purger sans détruire ce qui doit rester.
  6. Programmez la purge annuelleUne opération datée, tracée, dont le compte rendu est conservé.
  7. Testez la restitutionDemandez à quelqu’un de retrouver une pièce de trois ans : le temps mis mesure la qualité du classement.

Les erreurs qui coûtent le plus cher

Un dossier n’est presque jamais rejeté pour une raison de fond. Il est rejeté pour l’une des raisons suivantes.

  • Tout conserver par précaution — Cette prudence apparente contredit les durées annoncées aux personnes et rend toute recherche coûteuse.
  • Classer uniquement par client — Un même dossier mêle alors des pièces à dix ans et des données à purger, ce qui bloque toute purge.
  • Conserver des données de santé sans nécessité — Elles relèvent d’un régime renforcé et leur conservation prolongée est difficile à justifier.
  • Laisser des preuves dans une messagerie — Elles disparaissent au départ du collaborateur, sans que personne ne s’en aperçoive avant le contrôle.
  • Changer d’outil sans exporter les preuves — Les émargements électroniques et les traces de connexion n’existent souvent nulle part ailleurs.

Textes et références

Pour aller à la source plutôt qu’au commentaire, voici les textes applicables. Ils priment évidemment sur toute interprétation, y compris celle de cette page.

  • Article L.123-22 du code de commerce — conservation des documents comptables et des pièces justificatives pendant dix ans.
  • Article L.6362-5 du code du travail — justification de la réalité des actions, qui commande la conservation des preuves d’exécution.
  • Règlement (UE) 2016/679 — limitation de la conservation des données personnelles à la durée nécessaire aux finalités poursuivies.
  • Règlement (UE) 2016/679, article 9 — régime renforcé applicable aux données relatives à la santé.

Des pièces qui restent retrouvables, années après

Une politique de conservation ne vaut que si les pièces sont classées par ce qu’elles prouvent. Loop les range à leur place dès leur production.

Pièces rattachées à leur sessionÉmargements, conventions et certificats regroupés, sans dépendre d’une messagerie.
Traces distancielles conservéesConnexions et activités enregistrées avec la session qu’elles justifient.
Recherche par nature de pièceRetrouver tous les émargements d’une période sans ouvrir les dossiers un à un.
Export sans dépendanceLes documents restent lisibles hors de l’outil qui les a produits.

Questions fréquentes

Combien de temps faut-il conserver une feuille d’émargement ?

Aucun texte ne fixe une durée en années pour cette pièce précise. Le raisonnement à tenir est différent : elle constitue la preuve principale de la réalité d’une action, laquelle peut être contrôlée a posteriori au titre des articles L.6362-1 et L.6362-5 du code du travail. La pratique prudente consiste donc à la conserver aussi longtemps qu’un contrôle reste possible sur la période concernée, et à aligner cette durée sur celle de la comptabilité associée.

Puis-je détruire les données d’un ancien stagiaire qui le demande ?

La demande doit être examinée au regard des autres obligations qui pèsent sur vous. Les données nécessaires pour établir la réalité d’une action financée ou pour justifier une écriture comptable ne peuvent pas être supprimées avant l’expiration des durées correspondantes. En revanche, les données conservées à des fins commerciales ou de contact, sans nécessité probatoire, doivent l’être. Répondez en distinguant ces deux ensembles.

Faut-il conserver les enregistrements des classes virtuelles ?

Rien ne l’impose, et beaucoup de choses militent contre une conservation prolongée. Un enregistrement contient l’image et la voix de personnes identifiables, parfois des échanges à caractère personnel. Si vous enregistrez, informez-en les participants avant, fixez une durée courte et écrite, et vérifiez que l’enregistrement n’est pas votre seule preuve d’assiduité, ce qui vous obligerait à le conserver plus longtemps que souhaitable.

Le format électronique suffit-il pour les pièces comptables ?

La conservation sous forme électronique est admise dans les conditions prévues par la réglementation, dès lors que l’intégrité et la lisibilité des documents sont garanties pendant toute la durée requise. La difficulté pratique porte moins sur le principe que sur la pérennité : un document conservé dans un service en ligne dont l’abonnement cesse n’est plus disponible, ce qui revient à ne pas l’avoir conservé.

Comment justifier une durée qui ne repose sur aucun texte ?

En écrivant son motif. Une durée alignée sur la période pendant laquelle un contrôle reste possible se justifie par la charge de la preuve qui pèse sur l’organisme. Une durée liée au cycle de certification se justifie par la période examinée en audit. Une durée commerciale se justifie par le cycle de vente constaté. Ce qui est reproché n’est jamais la durée elle-même, mais l’absence de raisonnement écrit derrière elle.

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