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Référentiel des formations obligatoires en entreprise

Une trentaine de formations sont rendues obligatoires par un texte, selon l’activité, l’équipement ou la fonction. Cette base les rassemble avec leur périodicité et leur fondement juridique.

Mis à jour le 9 septembre 2026Lecture 11 minPublic organismes de formation
L’essentiel en 5 points
  • Une obligation peut découler de l’activité, de l’équipement utilisé ou de la fonction occupée : les trois logiques coexistent.
  • La périodicité de recyclage est le principal moteur de demande récurrente : elle se planifie plusieurs mois à l’avance.
  • Certaines formations relèvent d’une autorisation délivrée par l’employeur après formation, et non d’un diplôme.
  • L’employeur reste responsable de la formation à la sécurité de ses salariés, indépendamment des formations spécifiques.
  • Une obligation non satisfaite engage la responsabilité de l’employeur, y compris en l’absence d’accident.

Les obligations de formation ne figurent pas dans un texte unique : elles sont réparties entre le code du travail, le code de la route, le code de la santé publique, des arrêtés sectoriels et des recommandations de la caisse d’assurance maladie. Un employeur consciencieux peut passer à côté d’une obligation sans mauvaise foi.

Pour un organisme de formation, cette dispersion est une opportunité : la demande est récurrente, contrainte par des échéances de recyclage, et l’acheteur cherche d’abord un interlocuteur capable de lui dire ce qu’il doit faire. Connaître la carte des obligations vaut souvent mieux qu’un argumentaire commercial.

Une donnée de référence sert à trois choses : chiffrer une offre, monter un dossier de financement, et se défendre en cas de contrôle. Dans les trois cas, la précision de la source compte autant que la valeur.

Commencez par le tableau : cherchez votre cas, triez, filtrez. Les clés de lecture viennent ensuite.

Base de données filtrable

Formations obligatoires : qui, quand, sur quel fondement

Filtrez par domaine, triez par périodicité, cherchez un mot-clé. Chaque ligne indique le texte de référence à vérifier.

30 résultats sur 30 — cliquez sur un en-tête pour trier.

FormationPublic concernéPériodicitéFondement à vérifier
Sauveteur secouriste du travailSalariés désignés, effectif adapté au risque24 moisCode du travail, art. R.4224-15 ; dispositif de l’assurance maladie risques professionnels
Manipulation des extincteursEnsemble du personnelRecommandé annuelCode du travail, art. R.4227-28 et R.4227-39
Évacuation et guide-file / serre-filePersonnel désignéExercice semestrielCode du travail, art. R.4227-39
SSIAP 1, 2 et 3Agents de sécurité incendie en ERP et IGHRecyclage triennalArrêté du 2 mai 2005 modifié
Habilitation électrique — préparationPersonnel exposé au risque électriqueRecyclage recommandé 3 ansCode du travail, art. R.4544-9 et R.4544-10 ; norme NF C 18-510
CACES chariots automoteurs (R.489)Conducteurs de chariots élévateurs5 ansCode du travail, art. R.4323-55 ; recommandation R.489
CACES plates-formes élévatrices (R.486)Conducteurs de nacelles5 ansRecommandation R.486
CACES grues mobiles (R.483)Conducteurs de grues mobiles5 ansRecommandation R.483
CACES engins de chantier (R.482)Conducteurs d’engins de chantier10 ansRecommandation R.482
CACES ponts roulants (R.484)Conducteurs de ponts roulants et portiques5 ansRecommandation R.484
CACES grues à tour (R.487)Conducteurs de grues à tour5 ansRecommandation R.487
Élingage et levagePersonnel réalisant des opérations d’élingageSelon analyse de risqueCode du travail, art. R.4323-55
Travail en hauteur et port du harnaisPersonnel exposé au risque de chuteRecyclage recommandé 3 ansCode du travail, art. R.4323-104 et suivants
Montage et vérification d’échafaudagesMonteurs et utilisateursSelon analyse de risqueCode du travail, art. R.4323-69 ; recommandation R.408
AIPR — intervention à proximité des réseauxConcepteurs, encadrants, opérateurs5 ansCode de l’environnement, art. R.554-31 ; arrêté du 15 février 2012
Gestes et postures / PRAPPersonnel exposé à la manutentionRecyclage recommandé 24 moisCode du travail, art. R.4541-8
Formation du CSE en santé, sécurité et conditions de travailMembres du comité social et économiqueRenouvellement par mandatCode du travail, art. L.2315-18
Accueil et formation à la sécurité au posteTout nouvel embauché et changement de posteÀ l’embaucheCode du travail, art. L.4141-2 et R.4141-2
Risque chimique et agents CMRPersonnel exposé aux agents chimiques dangereuxSelon expositionCode du travail, art. R.4412-38 et suivants
Amiante sous-section 3 et sous-section 4Personnel intervenant sur matériaux amiantésRecyclage triennalCode du travail, art. R.4412-117 ; arrêté du 23 février 2012
ATEX — atmosphères explosivesPersonnel intervenant en zone ATEXSelon analyse de risqueCode du travail, art. R.4227-49
RadioprotectionPersonnel exposé aux rayonnements ionisantsPériodicité réglementaireCode du travail, art. R.4451-58 ; code de la santé publique
FIMO — formation initiale minimale obligatoireConducteurs routiers marchandises et voyageursInitialeCode des transports, art. R.3314-1 et suivants
FCO — formation continue obligatoireConducteurs routiers en activité5 ansCode des transports, art. R.3314-1 et suivants
ADR — transport de marchandises dangereusesConducteurs et intervenants concernés5 ansAccord ADR ; arrêté TMD
Formation continue taxi et VTCConducteurs de transport public particulier5 ansCode des transports, art. R.3120-8 et suivants
Hygiène alimentaire HACCP en restauration commercialeAu moins une personne de l’établissementObligation d’établissementCode rural et de la pêche maritime, art. L.233-4 ; décret n° 2011-731
Permis d’exploitationExploitants de débits de boissons10 ansCode de la santé publique, art. L.3332-1-1
AFGSU niveaux 1 et 2Professionnels de santé et personnels concernés4 ansArrêté du 30 décembre 2014 relatif à l’AFGSU
Développement professionnel continuProfessionnels de santéTriennalCode de la santé publique, art. L.4021-1
Base indicative constituée à partir de textes publics. Les périodicités et les obligations dépendent de l’activité réelle et de l’évaluation des risques : vérifiez systématiquement le texte en vigueur avant tout engagement contractuel.

Comment ce résultat est obtenu

Le tableau ci-dessus rassemble des données publiques. Cette section précise d’où elles viennent, à quelle fréquence elles évoluent, et comment les lire sans contresens.

Chaque ligne indique le public concerné, la périodicité de renouvellement lorsqu’elle est fixée par un texte ou une recommandation, et le fondement juridique à vérifier. La colonne des fondements est volontairement formulée comme une piste de vérification : les textes évoluent, et l’applicabilité dépend de l’activité réelle de l’entreprise.

Trois statuts de périodicité sont distingués. Une périodicité fixée par un texte ou une recommandation apparaît en durée. Une obligation liée à l’embauche ou au poste apparaît comme telle. Une périodicité déterminée par l’évaluation des risques de l’entreprise est signalée : dans ce cas, c’est le document unique qui fixe le rythme.

La distinction entre obligation réglementaire et recommandation professionnelle est importante : plusieurs formations de sécurité reposent sur des recommandations qui, sans être des textes réglementaires, constituent des références opposables en pratique et sont exigées par les donneurs d’ordre et les assureurs.

Ce que le calcul ne dit pas

  • La base ne remplace pas l’évaluation des risques propre à chaque entreprise, qui seule détermine les obligations réellement applicables.
  • Les périodicités indiquées peuvent être raccourcies par une convention collective, un donneur d’ordre ou une politique interne.
  • Certaines obligations sectorielles ne figurent pas ici : vérifiez votre convention collective et votre réglementation spécifique.

Trois logiques d’obligation, à ne pas confondre

Les formations obligatoires ne relèvent pas toutes du même mécanisme, et cette distinction commande la façon de les vendre comme de les organiser.

La première logique est celle de l’obligation générale de sécurité : l’employeur doit assurer la formation à la sécurité de ses salariés, à l’embauche et lors de tout changement de poste ou de technique. Cette obligation ne désigne pas une formation en particulier : elle impose d’en organiser une, adaptée aux risques réels.

La deuxième logique est celle de l’autorisation de conduite ou d’intervention : l’employeur délivre une autorisation après s’être assuré de l’aptitude, de la formation et de la connaissance des lieux. La formation n’est pas une fin en soi, elle est la condition d’une autorisation dont l’employeur reste responsable.

La troisième logique est celle du titre ou de l’habilitation réglementée : un texte impose une formation d’une durée déterminée, sanctionnée par un titre dont la validité est limitée. C’est le cas des formations du transport, de l’hygiène alimentaire ou de la sécurité incendie en établissement recevant du public.

Le recyclage, moteur d’activité prévisible

La plupart de ces formations comportent une échéance de renouvellement. C’est une caractéristique économique majeure pour un organisme : la demande n’est pas à créer, elle est datée à l’avance.

Encore faut-il la capter au bon moment. Un client qui découvre l’échéance la semaine où elle tombe cherchera la première disponibilité, sans considération de fournisseur. Un client averti trois mois avant planifie avec son organisme habituel.

La pratique la plus rentable consiste donc à tenir, pour chaque client, l’échéancier de validité des titres délivrés, et à déclencher une proposition en amont. Cela suppose que les dates de délivrance soient enregistrées et exploitables — ce qui est rarement le cas quand les attestations sont éditées puis oubliées.

  • Enregistrez la date de délivrance et la date d’échéance de chaque titre délivré.
  • Déclenchez une proposition trois à quatre mois avant l’échéance, délai nécessaire à la planification côté entreprise.
  • Proposez un calendrier groupé lorsque plusieurs salariés d’un même client arrivent à échéance dans la même période.
  • Conservez l’historique : il constitue à la fois un actif commercial et une preuve de suivi.

Ce que l’organisme doit vérifier avant de vendre

Proposer une formation réglementée suppose parfois davantage que la compétence pédagogique. Trois vérifications s’imposent avant d’inscrire une ligne au catalogue.

La première porte sur l’habilitation : certaines formations ne peuvent être dispensées que par des organismes habilités ou certifiés par une instance dédiée, selon des conditions précises de moyens, de plateaux techniques et de qualification des formateurs.

La deuxième porte sur les moyens matériels : plusieurs formations imposent des équipements, des plateaux d’exercice ou des effectifs maximaux. Les annoncer sans les détenir expose à une remise en cause des titres délivrés.

La troisième porte sur la qualification des formateurs, souvent encadrée par le texte lui-même ou par le dispositif de certification. Elle doit être documentée et actualisée dans le dossier de chaque intervenant.

Le risque à ne pas prendre

Délivrer un titre sans détenir l’habilitation requise expose non seulement l’organisme, mais aussi ses clients, dont les salariés se retrouvent porteurs d’un titre sans valeur. Le préjudice commercial et juridique dépasse largement le chiffre d’affaires de la session.

Construire le plan de formation obligatoire d’un client

Voici le déroulé opérationnel, dans l’ordre. Chaque étape est autonome : vous pouvez vous arrêter et reprendre sans perdre le travail fait.

  1. Identifiez l’activité réelle du clientCode d’activité, équipements utilisés, nature des interventions. C’est ce qui détermine les obligations applicables.
  2. Recensez les obligations correspondantesUtilisez la base ci-dessus comme point de départ, puis vérifiez le texte pour chaque ligne retenue.
  3. Vérifiez la convention collectiveElle peut ajouter des obligations ou raccourcir des périodicités.
  4. Établissez l’échéancierPar salarié et par titre, avec les dates de délivrance et d’échéance.
  5. Vérifiez vos propres habilitationsAvant de proposer : habilitation, moyens matériels, qualification des formateurs.
  6. Planifiez en amont des échéancesTrois à quatre mois avant, pour laisser le temps de la décision et de l’organisation côté client.

Les erreurs qui coûtent le plus cher

Chacune de ces erreurs coûte au minimum un aller-retour, au pire le financement. Elles se repèrent toutes en relecture.

  • Confondre obligation et recommandation — Les deux existent et n’ont pas la même portée juridique, même si les donneurs d’ordre les exigent souvent pareillement.
  • Appliquer une périodicité générique — Plusieurs périodicités dépendent de l’évaluation des risques de l’entreprise, pas d’un texte uniforme.
  • Proposer sans détenir l’habilitation — Les titres délivrés sont alors sans valeur, et le préjudice rejaillit sur le client.
  • Ne pas enregistrer les dates d’échéance — C’est renoncer à la demande de recyclage, qui est pourtant la plus prévisible et la plus rentable.
  • Oublier la formation à l’embauche — Elle est générale, s’ajoute aux formations spécifiques, et son absence est immédiatement relevée en cas de contrôle.

Textes et références

Voici le socle juridique. Conservez-en la référence dans vos procédures internes : c’est ce qu’un auditeur demande quand il veut comprendre pourquoi vous faites les choses ainsi.

  • Articles L.4141-1 à L.4141-4 du code du travail — obligation générale de formation à la sécurité, à l’embauche et lors des changements de poste.
  • Article R.4323-55 du code du travail — conduite des équipements de travail mobiles et de levage réservée aux travailleurs formés et titulaires d’une autorisation de conduite.
  • Articles R.4544-9 et R.4544-10 du code du travail — formation à la prévention du risque électrique et habilitation délivrée par l’employeur.
  • Article L.2315-18 du code du travail — formation des membres du comité social et économique en matière de santé, de sécurité et de conditions de travail.

Ne plus rater une échéance de recyclage

La valeur d’un catalogue de formations réglementées tient à la capacité à relancer au bon moment. Loop conserve les dates et déclenche l’alerte.

Titres suivisDate de délivrance et échéance enregistrées pour chaque participant.
Alertes d’échéanceRelance déclenchée plusieurs mois avant, sans surveillance manuelle.
Attestations retrouvablesChaque titre délivré reste accessible au participant comme à son employeur.
Sessions planifiéesRegroupement automatique des participants arrivant à échéance sur la même période.

Questions fréquentes

Qui décide qu’une formation est obligatoire dans une entreprise ?

Le texte fixe le cadre, mais l’applicabilité dépend de l’activité réelle et de l’évaluation des risques conduite par l’employeur. C’est le document unique d’évaluation des risques qui matérialise cette analyse et justifie les formations retenues. Un organisme de formation peut aider à identifier les obligations, il ne se substitue pas à cette évaluation.

Une formation obligatoire non suivie engage-t-elle la responsabilité de l’employeur ?

Oui, y compris en l’absence d’accident. Le manquement à l’obligation de formation à la sécurité est susceptible d’être relevé lors d’un contrôle, et il pèse lourdement en cas d’accident du travail dans l’appréciation de la faute. C’est un argument commercial légitime, à condition d’être présenté sans dramatisation excessive.

Les périodicités de recyclage sont-elles impératives ?

Cela dépend de leur fondement. Une périodicité fixée par un texte réglementaire s’impose. Une périodicité issue d’une recommandation professionnelle constitue une référence forte, généralement exigée par les donneurs d’ordre et les assureurs, sans avoir la même portée juridique. Une périodicité issue de l’évaluation des risques relève de l’employeur.

Faut-il une habilitation pour dispenser ces formations ?

Pour plusieurs d’entre elles, oui : l’organisme doit être habilité ou certifié par une instance dédiée, selon des conditions de moyens et de qualification. Pour d’autres, la seule déclaration d’activité suffit, mais la qualification des formateurs reste vérifiable. Renseignez-vous formation par formation avant d’inscrire une ligne au catalogue.

Comment se tenir informé des évolutions de ces obligations ?

La veille réglementaire est elle-même une exigence pour les organismes certifiés. Organisez-la sur des sources primaires — textes publiés, recommandations des organismes de prévention, publications des ministères concernés — et conservez la trace de ce que vos mises à jour ont changé dans vos contenus. C’est cette trace qui est demandée en audit, plus que la liste des sources consultées.

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