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Auto-diagnostic : où en est votre démarche d’accueil des personnes en situation de handicap ?

Désigner un référent ne suffit pas : la démarche se juge sur des adaptations réellement mises en œuvre et tracées. Ce diagnostic mesure ce qui existe, pas ce qui est affiché.

Mis à jour le 9 septembre 2026Lecture 11 minPublic organismes de formation
L’essentiel en 5 points
  • La démarche se prouve par des adaptations réalisées, décrites et datées, pas par une déclaration d’intention.
  • Le référent doit être joignable, identifié à l’extérieur, et disposer d’un temps réellement alloué.
  • Le besoin d’adaptation se recueille par une question ouverte et neutre, jamais par une demande de justificatif médical.
  • Les informations relatives à la santé sont des données sensibles : elles ne se collectent ni ne se stockent comme les autres.
  • Un réseau de partenaires identifié à l’avance transforme un délai de plusieurs semaines en réponse de quelques jours.

L’accessibilité de l’offre de formation ne se réduit pas à l’accessibilité des locaux. Elle recouvre l’information donnée en amont, la capacité à identifier un besoin d’adaptation sans le provoquer, l’ajustement des modalités pédagogiques et des évaluations, la mobilisation d’aides techniques ou humaines, et la coordination avec des acteurs spécialisés.

Les organismes progressent d’abord sur l’affichage : un référent est désigné, une page est publiée. La maturité réelle se mesure ailleurs, sur la capacité à décrire des situations concrètes traitées : quel besoin, quelle adaptation, quel résultat. Ce diagnostic est construit pour distinguer ces deux niveaux.

La plupart des non-conformités relevées en audit ne traduisent pas une mauvaise pratique : elles traduisent une pratique non tracée. L’organisme fait bien les choses, mais ne peut pas le prouver le jour où on le lui demande.

Le questionnaire ci-dessous prend environ trois minutes et produit un score, un niveau et une liste d’actions classées par priorité.

Auto-diagnostic noté

Douze questions sur ce que vous faites réellement

Chaque question porte sur un élément vérifiable. Une intention, même sincère, compte comme une absence : c’est ainsi qu’un tiers l’examinera.

Un référent handicap est-il désigné nommément, avec des coordonnées directes publiées à l’extérieur ?

Une adresse de contact générique ne permet pas d’identifier un interlocuteur.

Posez-vous, à chaque inscription, une question ouverte sur le besoin éventuel d’adaptation ?

La question porte sur le besoin, jamais sur la nature du handicap ni sur une reconnaissance administrative.

Pouvez-vous décrire trois situations concrètes d’adaptation réalisées, avec leur date et la solution apportée ?

C’est la preuve la plus convaincante d’une démarche réelle, et la plus rarement disponible.

Disposez-vous d’une procédure écrite décrivant le circuit de traitement d’une demande d’adaptation ?

Avez-vous identifié des partenaires spécialisés mobilisables, avec des contacts à jour ?

Vos locaux et les salles utilisées font-ils l’objet d’une description précise de leurs conditions d’accès ?

Décrire honnêtement une accessibilité partielle vaut mieux qu’une affirmation générale invérifiable.

Vos supports pédagogiques sont-ils disponibles dans un format lisible par une aide technique ?

Vos modalités d’évaluation prévoient-elles des aménagements — temps majoré, format alternatif, assistance ?

Vos formateurs ont-ils été sensibilisés à l’accueil des personnes en situation de handicap ?

Les informations relatives à la santé éventuellement recueillies sont-elles protégées et à accès restreint ?

Ces informations relèvent des données sensibles : leur traitement obéit à des conditions strictes.

Le délai entre une demande d’adaptation et une réponse concrète est-il connu et suivi ?

Le bilan de la démarche est-il présenté périodiquement en interne, avec des décisions à la clé ?

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Vos actions prioritaires

    Diagnostic indicatif, sans valeur officielle. Il ne se substitue pas aux conseils d’un organisme ressource spécialisé.

    Comment ce résultat est obtenu

    Chaque question du diagnostic renvoie à une preuve matérielle. Si vous hésitez sur une réponse, c’est en général que la preuve n’existe pas encore sous une forme opposable.

    Le questionnaire distingue trois niveaux de maturité : l’affichage, qui consiste à désigner et à publier ; le traitement, qui consiste à recueillir un besoin et à y répondre ; et l’anticipation, qui consiste à concevoir une offre qui réduit le besoin d’adaptation individuelle. Les questions se répartissent sur ces trois niveaux.

    Les questions les plus lourdement pondérées portent sur ce qu’un tiers peut vérifier : l’existence d’un référent joignable, le recueil systématique du besoin, la capacité à décrire des situations traitées, l’existence d’aménagements d’évaluation, et la protection des informations sensibles. Ce sont aussi les points où un organisme peut progresser vite.

    La question sur les trois situations concrètes mérite une attention particulière. Elle départage les démarches réelles des démarches déclarées avec une efficacité qu’aucune autre formulation n’égale, parce qu’une adaptation réellement conduite laisse un souvenir précis et des traces matérielles.

    Ce que le calcul ne dit pas

    • Le diagnostic ne mesure pas l’accessibilité physique des locaux, qui relève de règles techniques propres au bâtiment.
    • Les besoins d’adaptation sont individuels : aucune grille ne remplace l’échange direct avec la personne concernée.
    • Les dispositifs d’appui et de financement des adaptations évoluent ; vérifiez les modalités en vigueur auprès des acteurs compétents.

    De l’affichage à la démarche : trois niveaux

    Le premier niveau est déclaratif. Un référent est désigné, une mention apparaît sur le site, une phrase est ajoutée aux fiches de formation. C’est un point de départ nécessaire, mais il ne produit aucun effet tant qu’aucune demande n’arrive et qu’aucun circuit n’est prévu pour la traiter.

    Le deuxième niveau est réactif. L’organisme sait recueillir un besoin, y répondre en mobilisant les bons acteurs, et conserver la trace de ce qu’il a fait. C’est le niveau attendu de la plupart des organismes, et il s’atteint sans moyens considérables : une question à l’inscription, un circuit court, un carnet de partenaires.

    Le troisième niveau est anticipatif. L’offre est conçue de façon à réduire le besoin d’adaptation individuelle : supports dans des formats lisibles par des aides techniques, séquences dont la durée permet des pauses, évaluations disponibles sous plusieurs formats. Une part de ce travail bénéficie à tous les participants, pas seulement à ceux qui déclarent un besoin.

    • Déclarer : référent nommé, coordonnées publiées, mention sur les fiches.
    • Traiter : question à l’inscription, circuit écrit, délai annoncé, partenaires identifiés.
    • Tracer : journal des situations, adaptations décrites, résultat constaté.
    • Anticiper : supports accessibles, aménagements d’évaluation définis à l’avance, formateurs sensibilisés.

    Recueillir un besoin sans franchir la limite

    Le recueil du besoin est le point le plus délicat de la démarche, parce qu’il touche à des informations protégées. La règle pratique est simple : vous n’avez pas à connaître le handicap d’une personne, vous avez à connaître ce dont elle a besoin pour suivre la formation dans de bonnes conditions.

    À faireÀ éviterPourquoi
    « Avez-vous besoin d’un aménagement ? »« Êtes-vous reconnu travailleur handicapé ? »Le besoin suffit ; le statut administratif ne vous regarde pas
    Question posée à tousQuestion posée à certainsPoser à tous supprime toute désignation implicite
    Recueil par le référentRecueil par le commercialLimiter le nombre de personnes exposées à l’information
    Description du besoinJustificatif médicalLes données de santé ne se collectent pas sans nécessité stricte
    Conservation courte et restreinteStockage dans le dossier communCes informations appellent des protections renforcées

    Formulations et pratiques de recueil du besoin d’adaptation.

    Cette prudence n’est pas un frein : elle facilite l’échange. Une question neutre posée à tout le monde obtient bien davantage de réponses qu’une question ciblée, qui met la personne en position d’avoir à se justifier avant même d’avoir commencé sa formation.

    Construire le réseau avant d’en avoir besoin

    Une demande d’adaptation arrive rarement avec du temps devant soi. Elle arrive à trois semaines du démarrage, parfois moins. La différence entre un organisme qui répond en deux jours et un organisme qui répond en six semaines ne tient pas à ses moyens : elle tient au fait d’avoir ou non des contacts déjà établis.

    Ce réseau se constitue à froid, en une demi-journée. Il comprend les organismes ressources compétents sur votre territoire, les prestataires susceptibles de fournir une interprétation ou une transcription, les fournisseurs de matériel adapté, et les interlocuteurs des dispositifs de financement des aménagements. Chaque contact se réduit à un nom, un téléphone et une note sur ce qu’il peut apporter.

    Le second ingrédient est la connaissance des délais. Une prestation d’interprétation se réserve, un matériel se commande, un financement s’instruit. Connaître ces délais permet d’annoncer une réponse crédible dès le premier échange, ce qui vaut mieux qu’un engagement optimiste suivi d’un report.

    Les trois situations à savoir raconter

    Préparez le récit de trois adaptations que vous avez réellement conduites : le besoin exprimé, ce que vous avez mis en place, qui vous avez mobilisé, ce que cela a changé pour la personne. Ces trois récits, adossés à des traces datées, valent mieux que n’importe quelle procédure et répondent à eux seuls à la question qui sera posée.

    Construire une démarche démontrable, en huit étapes

    Le mode opératoire tient en quelques étapes. La durée indiquée entre parenthèses est un ordre de grandeur pour un organisme de petite taille.

    1. Nommez un référent et publiez ses coordonnéesUn nom, une adresse directe, un téléphone, et un suppléant pour les absences.
    2. Ajoutez la question d’adaptation à l’inscriptionOuverte, neutre, posée à tous, sans référence au statut administratif.
    3. Écrivez le circuit de traitementQui reçoit, sous quel délai il répond, qui décide, qui informe le formateur concerné.
    4. Constituez le carnet de partenairesOrganismes ressources, interprétation, matériel adapté, financement des aménagements.
    5. Décrivez honnêtement vos lieuxUne fiche par site : accès, circulation, sanitaires, et solutions de repli.
    6. Définissez les aménagements d’évaluationTemps majoré, format alternatif, assistance : décidés à l’avance, pas dans l’urgence.
    7. Ouvrez le journal des situationsUne ligne par demande : besoin, adaptation, acteurs, résultat, date.
    8. Faites un bilan annuelSituations traitées, difficultés, moyens à renforcer, décisions prises et datées.

    Les erreurs qui coûtent le plus cher

    Les erreurs qui suivent reviennent constamment. Aucune n’est grave prise isolément ; ensemble, elles suffisent à faire échouer un dossier ou à déclencher un remboursement.

    • Confondre référent désigné et démarche existante — Un nom sur une page ne produit rien tant qu’aucune question n’est posée à l’inscription et qu’aucun circuit n’existe.
    • Demander un justificatif de reconnaissance — Vous n’avez pas besoin du statut administratif : le besoin d’aménagement suffit, et la demande de justificatif expose inutilement des données sensibles.
    • Ne poser la question qu’à certaines personnes — Cibler la question revient à désigner, et réduit fortement le nombre de besoins réellement exprimés.
    • Improviser au moment de la demande — Sans partenaires identifiés à l’avance, un délai de deux jours devient un délai de six semaines.
    • Traiter sans tracer — Une adaptation réussie mais non documentée ne peut être ni démontrée ni reproduite lorsqu’un cas similaire se présente.

    Textes et références

    Pour aller à la source plutôt qu’au commentaire, voici les textes applicables. Ils priment évidemment sur toute interprétation, y compris celle de cette page.

    • Article L.6112-3 du code du travail — accès des personnes handicapées à la formation professionnelle et adaptation des conditions d’accueil.
    • Article L.5213-6 du code du travail — mesures appropriées permettant l’accès à la formation et l’aménagement des conditions.
    • Règlement (UE) 2016/679, article 9 — régime particulier des données relatives à la santé, dont le traitement est en principe interdit sauf conditions strictes.
    • Décret n° 2019-565 du 6 juin 2019 — référentiel national qualité, dont l’exigence relative à l’accueil des publics en situation de handicap.

    Le besoin d’adaptation suivi comme un dossier, pas comme un souvenir

    Loop recueille le besoin à l’inscription, le transmet au référent et conserve la trace de l’adaptation mise en œuvre, session après session.

    Question à l’inscriptionLe champ d’aménagement figure au bulletin, posé à tous, avec accès restreint à la réponse.
    Circuit vers le référentToute réponse positive déclenche une notification et ouvre un suivi daté.
    Journal des adaptationsBesoin, solution, acteurs mobilisés et résultat sont consignés et exportables.
    Accès protégéLes informations sensibles sont cloisonnées et soumises à une durée de conservation définie.

    Questions fréquentes

    Le référent handicap doit-il avoir une formation particulière ?

    Aucune qualification déterminée n’est imposée, mais la fonction suppose de savoir mener un échange sur les besoins, de connaître les acteurs ressources et de mobiliser les dispositifs existants. Une sensibilisation courte suffit à démarrer, complétée par les appuis proposés par les organismes ressources. Ce qui compte davantage est le temps réellement alloué : un référent sans disponibilité reste un référent théorique.

    Peut-on refuser une inscription faute de pouvoir adapter ?

    La démarche attendue est de chercher les adaptations possibles, en mobilisant les appuis disponibles, avant toute conclusion. Si l’adaptation se révèle réellement impossible, l’organisme doit pouvoir expliquer ce qu’il a cherché, qui il a sollicité et pourquoi la solution n’a pas abouti, puis orienter la personne. Une impossibilité affirmée sans démarche préalable est indéfendable.

    Qui finance les aménagements nécessaires ?

    Plusieurs dispositifs peuvent intervenir selon la situation de la personne et la nature de l’aménagement, et les modalités évoluent. Le réflexe utile est de solliciter les organismes ressources compétents dès le premier échange, car ils connaissent les circuits en vigueur et les délais d’instruction. Vérifiez les conditions applicables au moment de la demande plutôt que de vous fier à une information ancienne.

    Comment conserver l’information sur un besoin d’adaptation ?

    En limitant la collecte à ce qui est nécessaire pour organiser la formation, en restreignant l’accès aux seules personnes qui doivent agir, et en fixant une durée de conservation courte, adossée à la fin de la formation. Ne conservez pas de pièce médicale : ce dont vous avez besoin est la description de l’aménagement à mettre en place, pas son origine.

    Faut-il informer le formateur du besoin d’un participant ?

    Le formateur doit connaître l’aménagement à mettre en œuvre, pas la situation médicale de la personne. La formulation transmise porte sur l’organisation : un temps majoré, un support dans un format donné, une place déterminée dans la salle. Cette distinction protège la personne tout en donnant à l’intervenant l’information dont il a réellement besoin pour agir.

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